Sexisme ordinaire et mixité : des problématiques importantes abordées par le CIDFF auprès de l’équipe du PLIE des Graves.

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« Nous sommes désormais plus en alerte, plus sensibilisées. Nous remarquons que les mentalités ont changé, mais tout n’est pas parfait et qu’il y a encore du chemin à parcourir », témoigne Katia Olives, référente du PLIE des Graves à l’INSUP, à l’issue des deux formations organisées par le CIDFF (Centre d’Information sur les droits des Femmes et des Familles) sur les problématiques de sexisme ordinaire et de mixité.

Le 11 octobre et le 20 novembre derniers, Marie-Christine Bustin, conseillère en insertion professionnelle au CIDFF et Delphine Gouëllo, juriste au sein du CIDFF, ont organisé deux formations à destination de l’équipe du PLIE des Graves.

« L’objectif de la journée de sensibilisation sur la mixité était de permettre à l’équipe du PLIE de se sentir à l’aise par rapport à cette problématique, notamment lorsqu’il s’agit de positionner une participante sur un métier dit ‘d’homme’, ou un participant sur un métier dit ‘de femme’. Que ce soit lors d’un positionnement pour un emploi, un stage, ou via le dispositif de la clause d’insertion. Pendant toute la formation, l’idée était d’avoir des arguments sur l’intérêt et l’importance de promouvoir la mixité, comment la mettre en avant et être prêt face à d’éventuels freins ou réticences de la part des entreprises », présente Marie-Christine Bustin, animatrice de la première formation sur la mixité des métiers.

Quelques semaines plus tard, l’équipe du PLIE des Graves a participé à une sensibilisation sur le sexisme ordinaire, notamment en entreprise. « C’est un phénomène très présent. Nous les rencontrons dans des secteurs très ‘masculins’ dans lesquels les femmes tentent d’être intégrées. Cependant, elles peuvent se confronter à des situations sexistes », introduit Delphine Gouëllo, qui a animé cette deuxième journée de formation.

Aujourd’hui, le sexisme ordinaire peut exister selon différentes formes. L’objectif de la formation était d’appréhender des situations sexistes, les détecter et pouvoir répondre aux questions d’éventuelles victimes ou témoins de situation problématique du genre. « Depuis 2016, les agissements sexistes sont inscrits dans la Loi Travail, relative au travail, à la modernisation du dialogue social et à la sécurisation des parcours professionnels. L’objet de cette journée a été de sensibiliser l’équipe du PLIE des Graves sur les droits existants et sur la reconnaissance de ce phénomène qui peut exister dans le milieu de l’entreprise », ajoute Delphine Gouëllo.

« La plus grande difficulté rencontrée, c’est : comment prouver qu’une situation sexiste a eu lieu ? Grâce à cette sensibilisation, nous sommes plus vigilants et nous sommes armés pour repérer ce genre de situation. Certaines de mes collègues ont raconté leurs propres expériences, vécues pendant leur carrière professionnelle. Aussi, des cas de situation sexiste vécue par des participantes du PLIE ont également été relatés. Aujourd’hui, nous pouvons identifier ces problèmes », témoignage Katia Olives.

À travers des mises en situation et jeux de rôle, l’équipe du PLIE a pu mettre en perspective leurs accompagnements et relater des situations problématiques rencontrées ou entendues. Certaines situations racontées ont même provoqué des échanges de points de vue et de conseils entre membres de l’équipe.

Elisabeth Abrivat a récemment reçu une offre d’emploi pour un poste d’ « homme de pied ». Au fil de la formation sur la mixité, la question d’un positionnement d’une participante a été abordée. « Lorsque j’ai présenté cette personne à l’entreprise, j’ai découvert que cette structure n’avait absolument aucune réticence à l’idée d’accueillir une femme à ce poste. Comme quoi, il y a des entreprises dans lesquelles les choses bougent, où la mixité est déjà intégrée et approuvée ».

Cette personne n’a cependant pas poursuivi la mission en raison de problèmes de santé. Cela ne soulève pas la question de l’incapacité physique de la personne, sous prétexte qu’elle est une femme ou qu’elle n’a pas la condition physique pour exercer ce poste. Cela pose une question plus globale, comme nous l’explique Elisabeth Abrivat : « Au-delà de la question de la mixité, des questions autour des conditions d’exercice d’un travail, chez un homme ou une femme, sont ici pointées. Il faut que les entreprises explorent les questions liées aux bons gestes et postures de travail, forment ses salariés à les adopter afin de prévenir tout risque lié à certaines conditions d’exercice d’activité plus ou moins difficiles, et assurer sérénité et sécurité sur les lieux et postes de travail ».

À la fin de ces formations, l’équipe du PLIE des Graves a exprimé vouloir être accompagnée et formée dans l’accompagnement de femmes victimes de violences sexistes.

« Le harcèlement sexuel ou les situations de sexisme ordinaire existent. Mais dans la vie privée, des situations de violences peuvent également freiner et entraver les personnes dans leur insertion et dans l’épanouissement, tout simplement », conclut Delphine Gouëllo.